Charpente Traditionnelle

Charpente traditionnelle : conception, taille et pose selon les regles de l'art

Concevez, taillez et posez une charpente traditionnelle dans les regles de l'art. DTU 31.1, Eurocode 5, assemblages, prix 2026 — guide technique complet.

Jean-Paul Lefevre20 mars 202622 min de lecture
Charpente traditionnelle : conception, taille et pose selon les regles de l'art

La charpente traditionnelle maitrise la solidite structurelle d'une toiture grace a ses fermes en bois massif dimensionnees sur mesure, ses assemblages tailles a la main ou a la CNC, et sa mise en oeuvre reglee au millimetre. Contrairement aux fermettes industrielles prefabriquees en usine, la charpente traditionnelle enchaine trois phases techniques distinctes — conception, taille et pose — que la quasi-totalite des guides en ligne traitent separement, au detriment de la comprehension du workflow reel. Ce guide restitue ce triptyque operationnel dans son integralite, avec les donnees normatives issues du NF DTU 31.1 (juin 2017), de l'Eurocode 5 et du guide de dimensionnement des assemblages traditionnels publie par le CODIFAB (2015). Vous y trouverez ce que la plupart des maitres d'ouvrage ne lisent jamais dans leur devis — et ce qui conditionne pourtant leur garantie decennale.

Quel bois pour quelle portee ? Tableau de selection des sections commerciales

Ce tableau de reference synthetise les sections commerciales courantes en fonction de la portee entre fermes et du type de couverture. Il constitue le point d'entree technique avant toute phase de conception ou de commande de bois.

Note reglementaire (DTU 31.1, art. 3.1) : les sections commerciales sont donnees pour un bois a 20 % d'humidite. La section de calcul s'etablit a 12 % d'humidite — un resineux en 75 x 225 mm a 20 % devient 73,5 x 220,5 mm a 12 %. Cette conversion est obligatoire pour tout dimensionnement Eurocode 5.

ElementPortee entre appuisType de couvertureSection commerciale indicative
Panne intermediaire3 a 4 mTuiles lourdes, ardoise63 x 175 mm
Panne intermediaire4 a 5 mTuiles lourdes, ardoise75 x 200 mm
Panne intermediaire5 a 6 mTuiles lourdes, ardoise100 x 225 mm
ChevronEntraxe 40-50 cmToutes couvertures50 x 75 mm
ChevronEntraxe 60 cmToutes couvertures63 x 75 mm
Panne en chene4 a 5 mToutes couvertures150 x 150 mm (section carree)

Ces ordres de grandeur ne remplacent pas un dimensionnement reglementaire complet (charges climatiques Eurocode 1, calcul Eurocode 5, mise en oeuvre DTU 31.1). Ils orientent l'avant-projet et la lecture d'un devis.

Conception d'une charpente traditionnelle : de l'esquisse aux plans d'execution

La charpente traditionnelle assure la reprise des charges de toiture vers les murs porteurs grace a un systeme triangule en bois massif, dimensionne sur mesure pour chaque ouvrage. Sa conception se decompose en deux niveaux distincts : la conception architecturale (morphologie de la toiture, pentes, volumes) et la conception structurelle (calcul des charges, choix des fermes, dimensionnement des sections).

Cette phase mobilise soit un bureau d'etudes structure specialise, soit directement le charpentier-concepteur lorsqu'il maitrise les outils de calcul Eurocode 5. Elle precede toujours la taille et la pose — toute erreur de conception se repercute irremediablement sur la securite de l'ouvrage et sur la couverture par la garantie decennale (Article 1792 du Code Civil).

La structure porteuse en bois massif que constitue la charpente traditionnelle s'inscrit dans un sous-index reglementaire precis : classe de service 1 ou 2 pour les charpentes interieures protegees (DTU 31.1), classe de service 3 pour les ouvrages exterieurs exposes (pergolas, extensions bois avec DTU NF 31.1 revise).

Les pieces maitresses d'une ferme de charpente traditionnelle

La ferme constitue l'ossature porteuse principale de la charpente traditionnelle. Elle transmet le poids de la toiture vers les murs porteurs ou les poteaux par triangulation. Chaque piece remplit une fonction mecanique precise :

  • Entrait (piece horizontale basse) : relie les deux pieds de la ferme et empeche l'ecartement des arbaletriers sous charge. Il reprend les efforts de traction.
  • Arbaletriers (pieces inclinees) : suivent la pente du toit et transmettent les charges de la faitiere vers l'entrait et les appuis. Ils travaillent principalement en compression.
  • Poincon (potelet central vertical) : suspend l'entrait a la faitiere pour eviter son flechissement. Il travaille en traction.
  • Contrefiches (pieces diagonales) : secondent les arbaletriers en reprenant une partie des efforts de flexion sur les grandes portees.
  • Pannes (poutres horizontales reliant les fermes) : faitiere au sommet, pannes intermediaires en versant, sablieres en pied. Elles supportent les chevrons.
  • Chevrons : poses dans le sens de la pente sur les pannes, entraxe de 40 a 60 cm selon la couverture.
  • Liteaux (27 x 40 mm standard) et voliges : support direct de la couverture.

Les etapes de la phase de conception

  1. Releve des murs porteurs : les cotes d'implantation doivent etre verifiees avec une tolerance de ± 1 cm (DTU 31.1, art. execution). Un defaut de geometrie des murs se repercute directement sur la regularite des fermes.
  2. Choix du type de ferme selon la morphologie de toiture (deux pans, croupe, mansarde, combles amenageables). Une ferme a combles amenageables requiert une hauteur libre ≥ 1,80 m sous le plancher haut des combles.
  3. Calcul des charges : charges permanentes (poids propre de la couverture, isolation) + charges climatiques (neige et vent selon zone geographique, Eurocode 1). Ces calculs determinent les sections minimales admissibles des pannes et chevrons.
  4. Plans d'execution : ils precisent la position exacte de chaque assemblage, les cotes de toutes les pieces, et les details de contreventement. Ces plans servent de base au taillage des pieces.

Deux methodes coexistent pour la production des plans : l'epure au sol (methode traditionnelle des Compagnons, dessin de la charpente a l'echelle 1 ou en miniature) et la conception assistee par logiciel 3D connecte a des robots de coupe CNC, qui permet d'atteindre une precision au millimetre selon les retours des professionnels du secteur (FFBatiment, revision NF DTU 31.1, 2017).

La taille : du bois brut aux pieces assemblables

La taille est l'etape centrale du savoir-faire du charpentier traditionnel. Elle designe l'ensemble des operations de degauchissage, delignage, decoupe et faconnage des pieces brutes de sciage pour les amener aux cotes exactes definies par les plans d'execution — ou par l'epure au sol dans la pratique compagnonnique.

La technique de taille et d'epure constitue le coeur metier que ni les logiciels ni les fermettes industrielles ne peuvent reproduire a l'identique : chaque charpente traditionnelle est un ouvrage sur mesure non standardise, dont les pieces s'adaptent a la geometrie reelle du batiment.

Essences de bois et classement structurel

Le choix de l'essence conditionne les performances mecaniques et la durabilite de la charpente traditionnelle. La reglementation francaise encadre ce choix a travers deux referentiels principaux : NF B 52-001 (classement visuel des bois de structure) et EN 335 (classes d'emploi et durabilite).

Resineux courants (pieces courantes, fermes legeres a moyennes) :

  • Sapin blanc (Abies alba), Epicea commun (Picea abies), Pin sylvestre (Pinus sylvestris), Douglas (Pseudotsuga menziesii) — classement ST-II minimum selon NF B 52-001 pour tout usage structurel. Le Douglas se distingue par sa resistance naturelle a la classe d'emploi 3 (EN 335) sans traitement.
  • Criteres d'acceptation reglementaires : noeuds ≤ 1/3 de la largeur de la face, gerces < L/4, flaches < 1/4 de la section, humidite ≤ 18 % a la mise en oeuvre (DTU 31.1, art. 3.1).

Feuillus durs (pieces maitresses, entraits, pieces soumises a des efforts eleves) :

  • Chene sessile ou pedoncule (classe de resistance D30 selon EN 338), Chataignier — utilises pour les pieces necessitant une haute resistance aux assemblages mecaniques (tenons, mortaises, chevilles).

Point critique souvent omis dans les devis : les sections commerciales sont vendues pour un bois a 20 % d'humidite, mais les calculs Eurocode 5 s'effectuent a 12 %. Un resineux en 75 x 225 mm commercial passe a 73,5 x 220,5 mm en section de calcul. Cette conversion doit figurer dans le dossier d'execution.

Assemblages traditionnels : technique et dimensionnement

Les assemblages bois sur bois constituent la signature esthetique et technique de la charpente traditionnelle. Le Guide CODIFAB/C4Ci de dimensionnement a froid des assemblages traditionnels (2015) — publie par l'Union Nationale Charpente Menuiserie Agencement et la Federation de l'Industrie Bois Construction — est la source technique de reference pour le dimensionnement conforme a l'Eurocode 5 de ces assemblages.

Tenon-mortaise (assemblage a angle droit, panne/ferme, arbaletrier/poincon) :

  • Profondeur de mortaise ≥ 2/3 de l'epaisseur du bois porteur (DTU 31.1 / Eurocode 5)
  • Longueur de tenon : ≥ 0,3 x hauteur du tenon, ≥ b_porteur/3, minimum 40 mm et maximum 80 mm
  • Section type : porteur 75 x 225 mm + supporte 75 x 225 mm resineux C24 → hauteur de tenon usuelle : 150 mm

Embrevement simple (assemblage panne-chevron, pied d'arbaletrier sur entrait) :

  • Profondeur d'embrevement ≥ 1/3 de la hauteur du chevron (DTU 31.1)
  • Simple et robuste pour les efforts de cisaillement a l'interface panne/chevron

Mi-bois (jonction entrait, assemblage milieu de portee) :

  • Profondeur = 1/2 de la hauteur de la piece

Queue d'aronde (assemblage en plancher, solivage) :

  • Angle : 1/6 a 1/8 selon les charges et les essences

Boulonnage et ferrures (renforcement, reprise d'efforts localises) :

  • Boulons Ø 12-16 mm, classe de resistance 4.6 minimum (NF DTU 31.1 + Eurocode 5)
  • Tire-fond Ø 8-12 mm, longueur ≥ 8 x diametre
  • Organes d'assemblage en acier inoxydable ou protege contre la corrosion (obligatoire, DTU 31.1)

Taille manuelle vs CNC (evolution 2024) : la taille a la main par epure au sol reste pratiquee par les charpentiers compagnons et artisans independants pour les ouvrages patrimoniaux ou de faible volume. La taille CNC robotisee — connectee a un logiciel 3D — s'est generalisee dans les entreprises de 10 salaries et plus, permettant une precision au millimetre et une reduction significative des delais de fabrication. Les deux approches sont normativement equivalentes si les plans d'execution et les tolerances DTU 31.1 sont respectes.

La pose : du levage a la reception conforme DTU

La pose d'une charpente traditionnelle s'effectue generalement en 4 a 5 jours pour une maison individuelle standard, selon la complexite de la toiture et la taille de l'equipe. Elle ne demarre qu'apres reception formelle des murs porteurs — dont les cotes doivent respecter une tolerance de ± 1 cm (DTU 31.1, art. execution) — et apres mise en place des sablieres scellees.

L'organisation du levage en toute securite conditionne a la fois la qualite du travail et la conformite reglementaire : tout dispositif de contreventement provisoire doit rester en place jusqu'a la mise en oeuvre du contreventement definitif (DTU 31.1).

Sequence de pose detaillee (8 etapes)

Etape 1 — Pose et scellement des sablieres

Fixation des sablieres sur les murs porteurs par chevilles Ø 12 mm espacees au maximum tous les 80 cm. L'altimetrie des appuis doit respecter une tolerance de ± 10 mm (DTU 31.1).

Etape 2 — Pre-assemblage des fermes au sol

Chaque ferme est assemblee au sol ou livree pre-assemblee depuis l'atelier. Les assemblages sont verifies (serrages, jeux, perpendicularites) avant levage.

Etape 3 — Levage des fermes

Les fermes sont levees une a une a l'aide d'une grue mobile ou d'un palonnier adapte a la portee et au poids. La premiere et la derniere ferme sont stabilisees par des etais provisoires.

Etape 4 — Fixation et contreventement provisoire

Chaque ferme est fixee sur sabliere (sabots, tiges filetees ou boulons selon calcul) et reliee aux fermes adjacentes par des liens de contreventement provisoires maintenus jusqu'a l'etape 7.

Etape 5 — Mise en place de la panne faitiere

La panne faitiere est posee en premier, emboitee dans les poincons ou fixee sur les liens de contreventement. Elle determine la rectitude du faitage.

Etape 6 — Pose des pannes intermediaires

Fixees aux arbaletriers via les echantignoles, perpendiculairement au sens de la pente. Espacement de 1 a 1,5 m entre appuis selon portee et section.

Etape 7 — Chevrons et voligeage

Les chevrons sont cloues sur les pannes dans le sens de la pente, entraxe 40 a 60 cm selon le type de couverture. Les voliges (ou panneaux OSB/DFP) sont clouees jointives pour permettre la circulation en toute securite et assurer un role de pare-pluie temporaire.

Etape 8 — Liteaux et contre-liteaux

Contre-liteaux poses dans le sens vertical (maintien des tuiles et ventilation), liteaux horizontaux a l'ecartement prescrit par le fabricant de couverture. Section standard : 27 x 40 mm (NF DTU de couverture correspondant).

Tolerances de reception et autocontrole (DTU 31.1)

La reception de la charpente posee doit faire l'objet d'un autocontrole documente par l'entreprise. Les valeurs a controler et a consigner dans le DOE (Dossier des Ouvrages Executes) sont les suivantes :

ParametreTolerance DTU 31.1
Cotes d'implantation (plan)± 0,1 % sans depasser ± 30 mm
Altimetrie des appuis± 10 mm
Fleche globale en service≤ 1/150 de la portee
Longueur libre des solives entre entretoisements≤ 60 x epaisseur
Humidite du bois a la reception≤ 22 %

Le non-respect de ces tolerances documente lors d'un sinistre peut entrainer le refus de prise en charge par l'assurance decennale (Article 1792 Code Civil).

Prix d'une charpente traditionnelle en 2025-2026

La charpente traditionnelle represente l'investissement structurel le plus eleve parmi les solutions de toiture bois. Cette difference de cout s'explique par la quantite de bois massif utilisee, la duree de fabrication en atelier, et la rarete de la main-d'oeuvre qualifiee (charpentiers OPQCB ou Compagnons).

Construction neuve :

  • Materiaux seuls : 50 a 100 €/m² selon essence et complexite de la toiture
  • Pose : 50 a 70 €/m² de main-d'oeuvre
  • Total construction neuve : 100 a 170 €/m² (contre 50 a 70 €/m² pour une charpente a fermettes industrielles)

Renovation :

  • 130 a 250 €/m² pose comprise, selon l'etat de la structure existante
  • Evacuation des gravats et demontage de l'ancienne charpente : environ 40 €/m² supplementaires

Facteurs de majoration : lucarnes, croupes, toiture a quatre pans, combles entierement amenageables (hauteur libre ≥ 1,80 m), bois lamelle-colle pour grandes portees (> 10 m en bois massif), zone de montagne avec charges neigeuses majorees.

Reglementation applicable : DTU, Eurocodes, garanties

La conception, la taille et la pose d'une charpente traditionnelle s'inscrivent dans un cadre normatif precis. Tout manquement a ces textes peut invalider la garantie decennale et engager la responsabilite civile professionnelle du charpentier.

Textes de reference :

  • NF DTU 31.1 (juin 2017) — norme de mise en oeuvre des charpentes bois : assemblages, materiaux, tolerances, contreventement, reception. Publiee par l'AFNOR/CSTB, revisee en profondeur en 2017 pour integrer l'Eurocode 5 et les nouvelles essences.
  • Eurocode 5 (NF EN 1995) — calcul et dimensionnement des structures bois : classes de service, valeurs limites de fleche, verification des assemblages.
  • Eurocode 1 (NF EN 1991) — charges climatiques : neige et vent selon la localisation geographique.
  • NF B 52-001 — classement visuel des bois de structure et criteres de resistance (ST-I, ST-II) pour les principales essences feuillues et resineuses.
  • EN 335 — durabilite naturelle et conferee du bois ; classes d'emploi 1 a 5 (de l'interieur sec a l'immersion en eau salee).
  • XP P 03-200 — diagnostic d'etat parasitaire : insectes xylophages (capricorne des maisons, lyctus) et champignons lignivores. Obligatoire dans les zones reglementees par arrete prefectoral.
  • DTU BF 88 — comportement au feu des structures bois ; pieces massives ou lamellees ≥ 14 mm (feuillus) ou ≥ 18 mm (resineux) classees M3 en reaction au feu sans ignifugation.

Garantie decennale : en vertu de l'Article 1792 du Code Civil, le charpentier est responsable pendant dix ans des desordres qui compromettent la solidite de l'ouvrage ou le rendent impropre a sa destination. La conformite aux DTU et aux Eurocodes constitue la preuve du respect des regles de l'art. Sans cette conformite documentee dans le DOE, l'assureur peut refuser d'activer la garantie decennale.

Conclusion : maitriser le triptyque pour proteger votre investissement

La charpente traditionnelle concentre dans un seul ouvrage trois competences rarement reunies dans un meme prestataire : la conception structurelle (Eurocode 5, charges climatiques), la taille artisanale ou robotisee des assemblages bois sur bois (tenon-mortaise, embrevement, queue d'aronde), et la pose dans le respect des tolerances reglementaires DTU 31.1. Comprendre ce triptyque operationnel vous permet de lire un devis avec precision, d'exiger la documentation obligatoire (DOE, plans d'execution, declaration d'humidite) et de proteger votre garantie decennale des la phase de reception.

Prochaines etapes : demandez systematiquement a votre charpentier son attestation de qualifications (OPQCB ou equivalent), les plans d'execution avant demarrage, et le rapport de controle des tolerances a la reception. Ces trois documents constituent votre socle de recours en cas de sinistre.

Sujets connexes a explorer : isolation sarking sous charpente traditionnelle, traitement preventif du bois contre les insectes xylophages, amenagement des combles sous charpente a forte pente.

Derniere mise a jour : mars 2026. Donnees normatives : NF DTU 31.1 (juin 2017), Eurocode 5 (NF EN 1995-1-1), NF B 52-001, EN 335. Sources primaires : AFNOR, CODIFAB guide assemblages traditionnels 2015, FFBatiment NF DTU 31.1, Service-public.fr garantie decennale.

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